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FLASH INFO & COMMUNIQUES


23 mai 2007: L'association qui gère le Maillé-Brézé à Nantes est à la recherche de bénévoles pouvant encadrer les visites ou des bricoleurs pour entrenir l'ancien escorteur d'escadre, classé monument historique. Voir l'article
15 mai 2007: Après plus de trois mois d'opérations en Méditerranée, mer Rouge et océan Indien, le porte-avions Charles de Gaulle est de retour, ce matin, à sa base de Toulon. Voir l'article
10 mai 2007: A Colleville-Montgomery, découvrez Le Site Hillman: un poste de commandement des défenses côtières unique dans la région Voir l'article
28 mars 2007: Croiseur Colbert : Détails sur un remorquage prévu vers Brest fin mai. [Site Mer&Marine] voir le site
14 mars 2007: Maud Fontenoy a franchi mercredi 14 mars 2007 à 11H20 GMT après 151 jours de mer la ligne d'arrivée virtuelle de son tour de l'hémisphère sud à contre-courant des vents dominants, à la pointe nord de l'île de La Réunion.
5 mars 2007: L'image du jour: L'Oréal Paris et la Jeanne d'Arc. [Site Mer&Marine] voir le site
13 février 2007: La DGA recrute des jeunes de toutes filières. [Site DGA] voir le site
11 février 2007: Synthèse du rapport du groupe Poseïdon, Une ambition maritime pour la France par le Contre-amiral(2S) B.Lepeu. [acoram.com] voir le site
11 février 2007: L'Oréal Paris a démâté. Maud Fontenoy est saine et sauve, à bord de son bateau, et se trouve actuellement à 900 milles des côtes australiennes. [Adonnante.com] voir le site
17 janvier 2007: Marine Nationale: 290 cadres et 3.200 opérateurs et techniciens seront recrutés en 2007 [Média RH] voir le site
20 décembre 2006: Feu vert pour les sous-marins nucléaires du type Barracuda. [Mer & Marine] voir le site
16 décembre 2006: Planète océane. L'essentiel de la mer. En un seul volume, cinquante des meilleurs experts français et étrangers dressent un bilan exhaustif du monde maritime. [Editions Choiseul] voir le site
12 décembre 2006: Une ambition maritime pour la France, Rapport du Groupe POSÉIDON “Politique maritime de la France” . [Secrétariat Général de la Mer] voir le site
12 décembre 2006: PA2: MAM prête à signer le Dossier de Lancement et de Réalisation et la commande des catapultes début 2007. [Mer & Marine] voir le site
11 décembre 2006: Le Bureau Veritas rend son expertise sur les locaux amiantés. [Mer & Marine] voir le site
10 décembre 2006: La quantité d'amiante à bord du "Clemenceau" a fait l'objet d'une expertise complète. [le Monde] voir le site
4 décembre 2006: La Jeanne d'Arc parée à appareiller pour sa 42ème campagne. [Mer & Marine] Voir l'article
27 novembre 2006: « Bugaled Breizh » : le rapport du BEA Mer
Document en 7 parties [ 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7 ]. Voir l'article
Téléchager le film explicatif Voir le film (6 Mo)
27 novembre 2006: « Bugaled Breizh » :Le BEA Mer retient la thèse de l'accident de pêche [Mer & Marine] Voir l'article
21 novembre 2006: PA2, du nouveau sur le site de la Marine Nationale.Voir l'article [Marine Nationale]
21 novembre 2006: La Jeanne d'Arc prépare sa mission.Voir l'article [Marine Nationale]
9 novembre 2006: Intrepid, Colbert, Maillé Brézé : Ces musées qui s'envasent. Voir l'article [Mer&Marine]
27 octobre 2006: Vers une politique maritime intégrée ? Voir l'article [CA(2S) B. Lepeu]
17 octobre 2006: PA2 / CVF- FR : Les dernières images du second porte-avions. Voir l'article [Mer&Marine]
13 octobre 2006: Le Marlin se dévoile.Voir l'article [Mer&Marine]
2 octobre 2006: Suez remporte le 1er contrat de démantèlement d’un navire militaire français.Voir l'article [France Soir]
29 septembre 2006: Programme Barracuda : réponse le 21 novembre.Voir l'article [Ouest France]
28 septembre 2006: Légère hausse du Budget de la Défense en 2007 et conséquences pour la marine.Voir l'article [Mer&Marine]
24 septembre 2006: La peinture de la coque du "Bugaled Breizh" aurait contenu du dioxyde de titane, selon le JDD.Voir l'article [Le Nouvel Obs]
21 septembre 2006: L'hypothèse d'un sous-marin à l'origine du naufrage du "Bugaled Breizh" se renforce. Voir l'article [Le Monde] - Voir l'article [Libé]
20 septembre 2006: Le croiseur Colbert va quitter Bordeaux pour Landévennec.Voir l'article [Ouest France]
19 septembre 2006: Le Colbert aura quitté Bordeaux avant l’été 2007.Voir l'article [Mer&Marine]
15 septembre 2006: Le Colbert devrait quitter son attache bordelaise et rejoindre Brest, où il est né en 1951, pour y être démantelé.Voir l'article [France3]
30 août 2006: Le général Jean-Louis Georgelin a été nommé chef d'état-major des armées en conseil des ministres.Voir l'article [Le Monde]
30 août 2006: Les obsèques militaires du maître principal Frédéric Paré, tombé au combat le 25 août en Afghanistan, seront célébrées ce mercredi aux Invalides, à 12h00. Voir l'article
26 août 2006: Deux militaires français dont un premier maître des forces spéciales tués en Afghanistan. Voir l'article
8 août 2006: DCN et Thales proposent un navire plus lourd et moins rapide pour le PA2. Voir l'article
24 juin 2006: Le maire de Bordeaux souhaite le démantèlement du navire-musée Colbert. Voir l'article
18 juin 2006: DCN et Thales proposent un navire plus lourd et moins rapide pour le PA2 Voiir l'article [Mer&Marine]
24 juin 2006: Le maire de Bordeaux souhaite le démantèlement du navire-musée Colbert Télécharger le fichier pdf [A.F.P.]
22 juin 2006: Des noms de régions pour les nouvelles frégates: CommuniquéVoir l'article [Marine Nationale] et articleVoir l'article [Mer&Marine]
18 juin 2006: Bernard Prézelin fait chevalier de la Légion d’Honneur Voiir l'article [Mer&Marine]
9 juin 2006: Porte-avions franco-britannique: décision définitive l'an prochain Télécharger le fichier pdf [A.F.P.]
9 juin 2006: Recherche volontaires pour l’organisation du Cocktail 8 Beaufort du 21 juin - [CC(R) Patrick Parent]
7 juin 2006: Publication par le CIRAM Paris de la liste des réservistes retenus pour EURONAVAL 2006.
1er juin 2006: Cérémonie des obsèques du CC (R) Edouard MICHELIN Télécharger le fichier pdf [CV(H) Jacques Baudrillard]
31 mai 2006: Communiqué de presse du Cluster Maritime Télécharger le fichier pdf [CA(2S) Bertrand Lepeu]


© Marine nationale

Rapport d’information parlementaire N° 1890 réalisé par la COMMISSION DE LA DÉFENSE NATIONALE ET DES FORCES ARMÉES sur les réserves ET PRÉSENTÉ PAR PAR MM. GUY TEISSIER et JEAN-LOUIS LÉONARD

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Tout savoir sur le Projet de Programmation militaire 2003-2008


Vers une stratégie maritime renforcée
par l'amiral Battet

11 septembre 2001 : l'attaque de symboles de la puissance américaine bouleverse le monde et mobilise l'attention internationale. Pour la première fois dans l'histoire contemporaine, une organisation terroriste s'attaque au cœur même de l'Etat le plus puissant, en lui infligeant des destructions exceptionnelles par leur brutalité.

La tension provoquée par ces attentats et la riposte qu'elle a déclenchée semblent bousculer tous nos schémas stratégiques : la lutte contre le terrorisme polarise désormais entièrement les relations internationales : elle pris le pas sur la crise dans les Balkans et marque profondément le Moyen-Orient. Les Etats-Unis se placent immédiatement sur le terrain de la guerre, suivis par leurs alliés - en vertu de l'application de l'article 5 du traité de l'Atlantique Nord - , pour bien montrer que les mesures de rétorsion telle qu'ils l'avaient déjà pratiquée, notamment au Soudan, n'étaient plus à la hauteur de l'attaque.

En France, au-delà des mesures de protection prises immédiatement - renforcement de la sécurité générale, civile et militaire, et de la vigilance à nos frontières maritimes, durcissement de la défense aérienne des installations, etc -, les dispositions sont rapidement adoptées pour s'engager en appui de l'action militaire conduite par les Etats-Unis contre le repaire même des terroristes et leurs principaux soutiens.

Pour la marine, au large, l'opération Héraclès débute : la frégate Courbet et le bâtiment de commandement Var sont mis, sans délai, à la disposition de la coalition internationale. Elles renforcent rapidement la surveillance de la zone. Elles sont la première étape d'un soutien des forces alliées à terre qui n'ira qu'en s'amplifiant. Un groupe de bâtiments antimines est aussi dépêché sur zone pour prévenir cette menace, et la remise en condition opérationnelle du groupe aéronaval s'accélère. Le 1er décembre le porte-avions Charles de Gaulle et son escorte appareillent de Toulon, confirmant, devant tous, la volonté forte de la France de s'engager pleinement dans la lutte.

A la lumière de ces événements, se dessine une nouvelle stratégie maritime : elle confirme la pertinence des grandes options adoptées par la marine nationale, en 1995, et des priorités qu'elle a affichées aussi bien en termes de projection que de dissuasion ; mais elle met aussi en avant, plus que par le passé, la surveillance et la sauvegarde dans les approches maritimes, dont les exigences vont s'accentuer dans les années à venir, peut-être durablement.

Les préoccupations de la marine ont toujours été tournées d'abord vers le grand large, pour assurer au loin la protection des intérêts du pays. Depuis quelques années, elle s'organise pour jouer un rôle plus déterminant dans la maîtrise des crises et dans la participation aux opérations destinées à maintenir ou ramener la paix, là où elle peut être menacée ; la marine entend le faire au plus vite, avant que la crise ne dégénère, et donc être présente, vigilante, et agir en force avec les autres armées et les autres nations, dès qu'il le faut. Toute la stratégie de renouvellement de la flotte vise cet objectif.

Cependant, l'expérience des dernières années nous le montre, les interventions sont menées, de plus en plus fréquemment, dans des zones où le risque d'emploi, par un perturbateur, d'armements rustiques, mais pourtant capables de destruction massive (nucléaire, bactériologique, chimique, etc.) s'est accru, tout comme la probabilité d'affrontements entre puissances régionales. Pour garantir notre liberté d'action, il nous faut alors pouvoir dissuader les pays qui sont dotés de telles armes de les utiliser.

De même, il n'est pas possible d'agir au loin si l'adversaire peut surprendre la nation elle-même et lui porter des coups directs et meurtriers. La marine doit donc aussi assurer sans faille la surveillance et la sauvegarde des approches maritimes, en métropole et outremer. Elle contribue ainsi, dès le temps normal, à la protection du territoire national et des populations.

La stratégie maritime s'inscrit donc aujourd'hui dans une relation action opérationnelle - dissuasion - sauvegarde renouvelée, les trois domaines se conjuguant pour former un ensemble cohérent et équilibré sur lequel est fondée toute l'action de notre marine, depuis le large jusque dans les approches littorales.

Le nouveau contexte stratégique confirme le " modèle de marine " tourné vers l'action

C'est dans la prévention et dans les premières phases - les plus cruciales - de la gestion de la crise que les capacités de la marine sont tout d'abord confirmées. Sa fonction océanique doit lui permettre d'acquérir le renseignement et de contribuer ainsi à l'évaluation précise des situations. A cet égard, les forces dites prépositionnées et le déploiement d'unités en renfort jouent un rôle fondamental. Si elles sont assez nombreuses, leur vigilance active et la présence durable et continue qu'elles peuvent manifester sur beaucoup d'océans, leur permettent de réagir rapidement et de façon adaptée pour tenter de maintenir la crise au niveau le plus bas possible, sans accord diplomatique préalable, ni conséquence politique particulière. Elles n'ont d'autre contrainte que la logistique (l'autonomie que confère la propulsion nucléaire est alors un facteur déterminant). Dans cet ensemble, les frégates, les sous-marins d'attaque à propulsion nucléaire et le groupe aéronaval offrent une souplesse d'emploi particulièrement mise en valeur lors de l'opération Héraclès.

Si la crise survient tout de même, il peut devenir nécessaire d'intervenir directement. Le domaine couvert par la marine s'étend alors aux missions conduites en mer ou à partir de la mer. Cette contribution ne peut se concevoir que dans la durée et souvent à des distances lointaines.

Il faut se déployer avec une autonomie de plusieurs mois. L'endurance s'obtient par des relèves régulières, ce qui nécessite de disposer d'un parc suffisant, et par des ravitaillements périodiques, ce qui implique des moyens de soutien spécialisés ou des relais logistiques. Dans le cadre de l'opération Héraclès, les relèves des bâtiments d'escorte ont été organisées au bout de 4 à 6 mois et les ravitaillements se sont déroulées avec les forces de la coalition.

Si les Etats voisins refusent leur accueil, la projection par voie de mer reste la seule façon d'accéder à une zone de crise.

L'attaque des forces adverses à terre (projection de puissance) peut prendre des formes diverses en fonction de l'effet recherché, de la distance de l'objectif et des risques acceptés : attaques aériennes s'appuyant sur le groupe aérien déployé sur le porte-avions, bombardement par l'artillerie navale, tirs de missiles de croisière, brouillage électromagnétique, mise à terre de forces spéciales ; ces modes d'action ont montré leur efficacité opérationnelle. Une fois de plus, il faut souligner l'intérêt de disposer de porte-avions capables de mettre en œuvre des avions disposant avec leur armement et leur autoprotection d'une grande allonge (tel le Super-Etendard et bientôt le Rafale) ou des avions de surveillance avancée performants (tel le Hawkeye). Mobile, difficile à attaquer si l'on ne dispose pas de systèmes élaborés, le groupe aéronaval affirme la puissance de la France ; il est utilisé dans la plupart des crises internationales, pour marquer les esprits, intimider ou frapper. Son existence assure une crédibilité politique et opérationnelle qui ne peut être ignorée par nos alliés. Moins vulnérable qu'une base à terre, il fait peser une menace au plus près de l'adversaire. Avec un seul porte-avions, la marine n'a pas été en mesure de réagir immédiatement en septembre 2001. Dans ce contexte, la décision espérée de construire un second porte-avions prend alors toute sa pertinence. La marine a montré, ensuite, avec les Américains, tout l'intérêt et le bien-fondé du groupe aéronaval. Pour quelques années encore, elle possède, seule en Europe, la capacité de frappe aérienne à grande distance à partir de la mer. Il lui faut compléter ce volet essentiel qu'elle partage, à son modeste niveau, pour l'instant avec les seuls porte-avions américains. Le missile de croisière devrait bientôt élargir notablement la gamme des modes d'attaque précise possibles.

La projection des forces par voie de mer prolonge, si nécessaire, l'engagement des forces à terre. Elle implique l'emploi de moyens de transport (navires civils ou bâtiments amphibies) et l'appui direct à partir de la mer par moyens aériens et navals.

Ainsi, le nouvel environnement stratégique confirme le " modèle de marine " tournée vers l'action opérationnelle et la pertinence des investissements que notre institution a consacrés, depuis près d'une décennie, à la modernisation de ses capacités de gestion des crises et d'intervention. Mais il faut saisir cette occasion pour apporter les améliorations nécessaires visant une adéquation des moyens aux réalités les plus urgentes, en tirant profit de la spécificité des forces maritimes : liberté, discrétion, faible vulnérabilité.

Ces améliorations touchent tout d'abord le domaine du renseignement. Il est indispensable et fournit, bien souvent, le fil conducteur qui permet de donner un sens aux informations recueillies par ailleurs. La marine peut s'appuyer sur ses unités évoluant sur le théâtre d'opérations pour contribuer à l'évaluation autonome de décision sur zone, déterminante à ce stade. Elle dispose de moyens lui permettant d'acquérir du renseignement et de surveiller pendant de longue périodes à proximité des côtes. Dans ce contexte, la capacité du sous-marin, qui peut s'approcher au plus près sans risque et sans perturber le milieu qu'il observe et écoute, est à souligner.

Il faut, ensuite, accroître les capacités de mise en œuvre des forces spéciales vers la terre. La capacité de mener des opérations spéciales depuis la mer semble particulièrement intéressante, car elle permet de se rapprocher des objectifs, procure un excellent effet de surprise et assure une bonne sécurité avant et après l'action. Les programmes des frégates multimissions, notamment dans leur version d'action vers la terre, et des sous-marins d'attaque de nouvelle génération Barracuda intègrent ce besoin d'actions spéciales à partir de la mer.

Enfin, ces améliorations concernent les capacités de commandement embarqués et de recueil ou de soutien des forces déployées. Les moyens de commandement et de communication sont déterminants pour permettre des consultations directes entre le commandant de la force et les plus hautes autorités nationales et alliées (exercice des délégations, règles d'engagement et de comportement, analyse de situation, approbation des objectifs, rapidité de la boucle de décision) et s'intégrer dans les dispositifs alliés. Très tributaire de l'espace, avec les systèmes de télécommunication futurs embarqués sur les bâtiments de projection et de commandement (BPC) du type Mistral, l'exercice du commandement depuis une plate-forme navale sera facilité. Par ailleurs, la capacité de tenir à l'abri des échelons de commandement ou des forces qui seront projetés à terre en les embarquant (par exemple à bord de grands navires amphibies tel le BPC) peut se révéler précieuse dans les opérations. Le modus operandi américain illustre bien l'intérêt pour les forces de rester en mer en dehors de leur intervention proprement dite (on peut, à cet égard, se souvenir de l'attaque meurtrière du Drakkar au Liban). Dans le contexte actuel, et sans doute pour longtemps, la menace est extrêmement réduite au large. Les unités navales et les moyens qu'elles transportent ou hébergent s'y trouvent bien protégées, ce qui doit nous inciter à y baser une partie des moyens lors d'une intervention.

Cette stratégie trouve, le plus souvent, son expression dans un cadre interarmées et interallié. Elle entraîne, par ailleurs, un rôle nouveau pour notre dissuasion, ainsi qu'un renforcement de notre vigilance dans les approches maritimes.

La dissuasion, confirmée dans ses fondements, trouve un rôle nouveau et complémentaire

Les armes de destruction massive des puissances régionales peuvent constituer une menace pour le territoire européen. Même si une telle menace, dirigée directement sur le territoire national, paraît improbable aujourd'hui, elle ne peut être éludée et le risque qu'elle ferait courir serait mortel. Il est donc nécessaire de conserver et de moderniser les forces et les armes dédiées à la mission de dissuasion.

Pour autant, si la menace d'un conflit nucléaire dont l'Europe serait le théâtre s'est éloignée, les risques de prolifération, de dissémination des armes de destruction massive, de terrorisme nucléaire et de conflits entre puissances régionales nucléaires se sont aujourd'hui accrus. Il nous faut, par ailleurs, peser sur la stabilité des régions en crise, qui, fréquemment, se situent dans des zones où existent de telles armes, en conservant la liberté d'action de nos forces d'intervention.

La dissuasion nucléaire prend alors un relief particulier à l'égard des puissances régionales, car elle permet l'action. D'une manière générale sa simple existence devrait borner une escalade éventuelle vers l'emploi d'armes de destruction massive sur nos forces et préserver notre liberté d'intervention. Ainsi, prend forme un couplage inédit entre les stratégies d'action et de dissuasion. Les moyens conventionnels devaient, jusqu'à il y a peu, éviter le contournement de la dissuasion par le bas, aujourd'hui, la capacité nucléaire doit borner par le haut les actions conventionnelles.

A terme, les sous-marins nucléaires lanceurs d'engins équipés du missile M 51 couvriront la totalité de la gamme des actions possibles dans le domaine de la dissuasion nucléaire.

La nécessité de renforcer la surveillance et la sauvegarde dans les approches maritimes

La perception de renforcer la surveillance et la sauvegarde dans les approches maritimes ne date pas des événements du 11 septembre 2001. Des alertes avaient montré l'émergence de nouveaux risques : l'immigration clandestine (échouage du cargo East Sea sur les côtes de la Méditerranée, le 17 février 2001, avec des passagers clandestins à bord), le trafic illicite de substances dangereuses, (opération Balisier où près de 2 tonnes de cocaïne ont été saisies en mer par la frégate Ventôse).

On peut raisonnablement s'interroger sur le caractère de la réponse à y apporter : s'agit-il d'actions relevant du domaine de la défense ? Il doit pouvoir être établi un lien entre de telles opérations et le combat contre le terrorisme. Mais, au-delà, il y a une certitude : les opérations correspondantes commencent en haute mer, et seule la marine nationale dispose des moyens lourds nécessaires.

Pour adapter sa posture aux nouvelles exigences de la surveillance et de la sauvegarde dans les approches maritimes, la marine a adopté une stratégie active, fondée sur le constat que ce sont, par nature, les mêmes moyens qui participent aux missions dites de " service public " et aux missions militaires de défense de nos approches maritimes :

- face aux menaces émergentes (terrorisme, piraterie, immigration illicite), il s'agit, plutôt que de se cantonner dans une attitude défensive de " gardien de but ", d'afficher une attitude dynamique, au plus près des menaces ou des trafics, apte à en détecter les signes précurseurs;
- face aux risques, aux infractions ou aux catastrophes en mer, c'est la rapidité et l'adaptation des secours qui priment, dans un esprit de totale coopération entre les différentes administrations concernées.

Dans ces domaines, c'est la qualité du partage des informations, le degré de vigilance des unités engagées, la capacité à travailler ensemble dans l'urgence qui sont essentiels. Les moyens militaires (navals), conçus pour le combat et bien intégrés dans les réseaux de commandement de la défense, sont évidemment mieux équipés pour cela. Il faut cependant mieux préparer les niveaux de vigilance et les plans de sauvegarde, et en concertation étroite. Tout commence souvent au large, au loin, là où la marine veille ; et si la veille est sûre, l'intervention bien ciblée est efficace.

La surveillance et la sauvegarde dans les approches maritimes nécessitent un dispositif organisé dans la profondeur, afin de ménager la continuité depuis le large vers le littoral. Le renseignement d'intérêt maritime, qui dépasse le seul renseignement d'intérêt militaire, est au fondement de l'action. Tout procède de collaborations internationales et de partenariats étendus avec toutes les administrations de l'Etat français, à même de contribuer au recueil et à l'exploitation de cette information et de ce renseignement. Plusieurs actions ont, d'ores et déjà, été engagées dans cette voie en Méditerranée :

- la coopération active entre les services de renseignements français et étrangers, renforcée et étendue au ministère des Affaires étrangères, aux attachés de défense et à toutes les administrations participant à l'action de l'Etat en mer,
- le maintien d'un bâtiment porte-hélicoptères en permanence en Méditerranée orientale ; ainsi, le cargo Monica, transportant près de 1 000 passagers clandestins, a pu être pisté et démasqué par la frégate Aconit en mars 2002,
- le lancement récent du projet SPATIO, système naval de surveillance des approches maritimes et des espaces sous juridiction nationale, intégrant l'ensemble des sémaphores et, à terme, d'autres sources, dans un réseau cohérent d'échanges de données.

La surveillance et la sauvegarde dans les approches maritimes s'appuient, en métropole, sur une structure de commandement unique, dans une stricte économie de moyens, dépendant, selon la mission, de la chaîne interministérielle ou de la chaîne de défense. A cet égard, la structure mise en place sous l'autorité des préfets maritimes en métropole et des préfets ou hauts-commissaires, délégués du gouvernement, outremer, assure, depuis 1978, la coordination des actions de l'Etat en mer, coordination qui s'organise de la même manière sur le territoire national autour du préfet de zone de défense.

Des moyens maritimes et aériens, bien ciblés, sont nécessaires pour l'intervention. Il n'est pas possible de se contenter des seules unités de combat, performantes mais insuffisantes en quantité et très sollicitées par ailleurs. Les forces déjà existantes, nombreuses et diversifiées (frégates et patrouilleurs, remorqueurs ou navires civils dédiés, avions de surveillance et hélicoptères, chaîne des sémaphores), doivent être rapidement complétées par d'autres moyens militaires et civils, polyvalents ou dédiés, parfois affrétés. Ce sont, pour l'essentiel, des vedettes de la gendarmerie maritime (une vingtaine vient d'être commandée), et des aéronefs (un quatrième avion de surveillance maritime Falcon 50 M sera mis prochainement en service et une procédure d'acquisition d'hélicoptères, dans un cadre interarmées, a été lancée). Par ailleurs, il a été décidé d'affecter à plein temps un patrouilleur supplémentaire (Arago) à ces missions, et de moderniser les remorqueurs d'intervention affrétés par la marine. A terme, d'autres mesures sont envisagées : achat d'un patrouilleur supplémentaire et affrètement d'un navire antipollution.

Dans cet ensemble, la gendarmerie maritime, formation militaire spécialisée placée, à ce jour, auprès de la marine, arme un certain nombre d'unités dédiées à ces missions. Ces gendarmes, avec leurs moyens financés et soutenus par la marine, lui sont indispensables pour remplir ses missions de défense et sa part des tâches touchant à la sécurité des biens et des personnes en mer, pour la surveillance et la protection des approches en métropole et outremer. Ils jouent un rôle important pour le renseignement d'intérêt maritime et pour la continuité jusqu'au dispositif littoral.

CONCLUSION

Plus que jamais, la prévision est un art difficile, et les orages qui se déclenchent sans préavis montrent la persistance de la conflictualité latente de notre époque.

Dans cet environnement perturbé, l'action de la marine n'a jamais été aussi soutenue, qu'il s'agisse des déploiements successifs du groupe aéronaval et du groupe amphibie en mer Adriatique et dans le nord de l'océan Indien, du maintien de la posture permanente de la force océanique stratégique ou des missions de surveillance et de sauvegarde dans les approches maritimes, aujourd'hui mises en avant. Ces domaines d'attribution de la marine sont les trois piliers sur lesquels repose notre stratégie navale. Les moyens élaborés permettent de mettre en oeuvre les principes de base de l'action stratégique : initiative, surprise et foudroyance.

C'est l'honneur de la marine que d'être investie d'une aussi large gamme de missions, allant de missions militaires et civiles au plus près de nos côtes, à des actions lointaines de prévention et d'action. Elle est, à ce titre, réellement " nationale ".

C'est aussi son ambition dans la construction de l'Europe que disposer d'un instrument national de puissance, reconnu et inégalé encore pour de nombreuses années, pouvant être mis au service d'une détermination collective.

Amiral Jean-Louis Battet,
Chef d'état-major de la marine

Communiqué UNOR

Le congrès de la Confédération Interalliée des Officiers de Réserve du 21 au 27 juillet à Strasbourg va être l'occasion de communiquer vers le public sur l'utilité des réservistes, principal axe de communication retenu et décliné comme indiqué au bas de ce message.

L'atelier des jeunes officiers de réserve réalisera ainsi une opération de relations publiques sur ce thème dans les rues de Strasbourg les 25 et 26 juillet, avec l'aide matérielle de la municipalité.

 Afin de renforcer ce message de RÉSERVES UTILES et de vous donner la possibilité de METTRE EN VALEUR VOS RÉALISATIONS, je renouvelle ma demande de faire parvenir au siège de l'UNOR le plus tôt possible (u.n.o.r.@wanadoo.fr ou 12 rue Marie Laurencin 75012 PARIS - fax 01 49 28 02 87) :

- d'une part des articles sous forme de portraits (activités civiles et militaires) avec photos si possible dans les deux cadres,

- d'autre part des copies (quelque soit le support papier, photo, cassette audio, vidéo, CD-ROM, DVD, ...) des reportages dans les media (presse, radio, TV), dont vous, votre association ou votre unité militaire avez été l'objet, notamment depuis fin 1999 (tempetes) et en particulier depuis septembre 2001 (VIGIPIRATE et EURO).

Au delà du congrès de cet été, ces éléments serviront à constituer une présentation réaliste des activités accomplies par des réservistes à l'occasion des prochaines "journées du réserviste" prévues par la loi sur les réserves et qui seront organisées en fin d'année.

Je vous invite donc à contribuer à cette présentation, qui servira ensuite à l'ensemble des membres en vue de faire reconnaître leurs actions à l'extérieur. Je peux également vous annoncer que plusieurs personnalités du monde de l'entreprise et politique se sont exprimées en faveur d'un soutien aux activités menées par les réservistes. Leur témoignage sera bien entendu utilisé au cours du congrès et par la suite.

Cette liste n'est pas close : si vous connaissez directement une personnalité et que celle-ci accepte de rédiger un message court utilisable sur les supports de communication prévus (dossier de presse, plaquettes, affiches lors de l'opération de relations publiques des 25 et 26 juillet prochains).

A votre disposition dans de nombreux retours de votre part, Cordialement, Lieutenant (R) Olivier CLOUP Délégué Jeunes de l'UNOR

Ci-dessous figure un extrait de la déclinaison retenue sur le thème "les réserves sont utiles". J'ajoute que chacune des nations participantes doit amener des documents présentant les réserves au public.

1 - SECOURIR / CATASTROPHES NATURELLES OU ACCIDENTELLES

Ø POLMAR

Ø VIMY

Ø Tempêtes fin 1999 ....

2 - SÉCURISER

Ø VIGIPIRATE

Ø EURO

Ø Surveillance du territoire: SAT

Ø Plans de protection : COGIC, EMIAZD ....

3 - PACIFIER

Ø Opérations extérieures et actions civilo-militaires

Ø Droit des conflits....

4 - RENFORCER

Ø Communication

Ø Linguistique

Ø Juridique

Ø Logistique

Ø Mécanique

Ø Protection des sites sensibles

Ø Sécurisation des grands événements : Tour de France, … ....

5 - INSTRUIRE

Ø Journées d'Appel de Préparation à la Défense

Ø Périodes d'initiation à la défense (ex-préparations militaires) ....

6 - CITOYEN

Ø Conférences & mémoire

Ø Recrutement & reclassement

Ø Compétitions à caractère militaire

Ø Autres actions associatives ....


A retenir :

LA DCN VICTIME INNOCENTE DU TERRORISME

Extrait du figaro

PAKISTAN Quatorze personnes, dont au moins onze Français travaillant pour la Direction des constructions navales, ont été tuées hier et une vingtaine d'autres blessées


Des volontaires extraient le corps d'une victime des débris du bus de la marine pakistanaise qui a explosé hier à Karachi.
(Photo AP.)
Attentat antifrançais à Karachi
Un kamikaze a jeté sa voiture piégée contre un autobus, faisant quatorze morts dont au moins onze Français, hier matin à Karachi, le grand port du sud du Pakistan. Les autorités ont immédiatement annoncé l'ouverture d'une enquête sur une «possible implication»du réseau terroriste Al Qaida. Cette piste a été évoquée tant par la police pakistanaise que par le chef de l'État, le général Pervez Musharraf, qui s'est entretenu hier avec Jacques Chirac. Mais les États-Unis, qui ont dénoncé un «attentat atroce» contre «la France et le Pakistan, deux de nos plus proches alliés dans la lutte internationale contre le terrorisme» ne pouvaient confirmer hier une possible implication d'Al Qaida. Le chef d'état-major de l'armée française, le général Jean-Pierre Kelche, a estimé que «l'Occident, et les nations qui sont engagées dans la coalition» en Afghanistan sont visés par les partisans d'Oussama ben Laden. Ce nouvel attentat contre la communauté étrangère au Pakistan a visé des employés français de la Direction des constructions navales (DCN), participant à la construction d'un sous-marin au Pakistan. La DCN a immédiatement décidé de rapatrier tous ceux d'entre eux qui étaient en mission temporaire. Jacques Chirac a immédiatement décidé d'envoyer son ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie, à Karachi. Paris a «formellement déconseillé mercredi tout voyage non professionnel» au Pakistan à ses ressortissants, à la suite de l'attentat de Karachi.

New Delhi : de notre correspondante en Asie du Sud Marie-France Calle
[09 mai 2002]

Un attentat, un de plus, vient rallonger la liste des attaques anti-occidentales au Pakistan. Cette fois ce sont des Français qui ont été tués. Onze ou douze, le bilan n'était pas encore clairement établi hier soir. Il est en tout cas très lourd. Et risque de s'alourdir encore, car comme l'a indiqué Laurent Barthélémy, le directeur de la Direction des constructions navales (DCN) sur place, il y a au moins dix blessés graves côté français.

Le VA Philippe Sautter succède à l'amiral Alain Béreau

L'amiral Alain Béreau quitte ses fonctions de directeur du personnel de la Marine pour prendre, le 13 avril 2002, les fonctions d'inspecteur général des armées-Marine. (Cols Bleus publiera une interview de l'amiral Béreau dans sa prochaine livraison).

Le VA Philippe Sautter, qui lui succède, était précédemment directeur local du service de soutien de la flotte de Toulon. Le nouveau DPMM est né le 30 juin 1949, à Grenoble. Entré à l'Ecole navale en 1968, il a embarqué sur de nombreux bâtiments de surface et sur le SNLE Le Foudroyant . Il a commandé le dragueur côtier Marjolaine, la 22e division de dragueurs-école et le dragueur côtier Cyclamen, la frégate Aconit et le porte-avions Foch. Breveté de l'Ecole supérieure de guerre navale et ancien auditeur à l'IHEDN et au Chem, il a été de 1996 à 1999 conseiller Marine au cabinet militaire du ministre de la Défense.

Le VA Sautter est officier de la Légion d'honneur et de l'Ordre national du mérite. Il est marié et père de cinq enfants

 

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