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Rapport d’information parlementaire N° 1890 réalisé par la COMMISSION DE LA DÉFENSE NATIONALE ET DES FORCES ARMÉES sur les réserves ET PRÉSENTÉ PAR PAR MM. GUY TEISSIER et JEAN-LOUIS LÉONARD
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Tout savoir sur le Projet de Programmation militaire 2003-2008
Vers une stratégie maritime renforcée par l'amiral Battet
11 septembre 2001 : l'attaque de symboles de la puissance américaine bouleverse le monde et mobilise l'attention internationale. Pour la première fois dans l'histoire contemporaine, une organisation terroriste s'attaque au cœur même de l'Etat le plus puissant, en lui infligeant des destructions exceptionnelles par leur brutalité.
La tension provoquée par ces attentats et la riposte qu'elle a déclenchée semblent bousculer tous nos schémas stratégiques : la lutte contre le terrorisme polarise désormais entièrement les relations internationales : elle pris le pas sur la crise dans les Balkans et marque profondément le Moyen-Orient. Les Etats-Unis se placent immédiatement sur le terrain de la guerre, suivis par leurs alliés - en vertu de l'application de l'article 5 du traité de l'Atlantique Nord - , pour bien montrer que les mesures de rétorsion telle qu'ils l'avaient déjà pratiquée, notamment au Soudan, n'étaient plus à la hauteur de l'attaque.
En France, au-delà des mesures de protection prises immédiatement - renforcement de la sécurité générale, civile et militaire, et de la vigilance à nos frontières maritimes, durcissement de la défense aérienne des installations, etc -, les dispositions sont rapidement adoptées pour s'engager en appui de l'action militaire conduite par les Etats-Unis contre le repaire même des terroristes et leurs principaux soutiens.
Pour la marine, au large, l'opération Héraclès débute : la frégate Courbet et le bâtiment de commandement Var sont mis, sans délai, à la disposition de la coalition internationale. Elles renforcent rapidement la surveillance de la zone. Elles sont la première étape d'un soutien des forces alliées à terre qui n'ira qu'en s'amplifiant. Un groupe de bâtiments antimines est aussi dépêché sur zone pour prévenir cette menace, et la remise en condition opérationnelle du groupe aéronaval s'accélère. Le 1er décembre le porte-avions Charles de Gaulle et son escorte appareillent de Toulon, confirmant, devant tous, la volonté forte de la France de s'engager pleinement dans la lutte.
A la lumière de ces événements, se dessine une nouvelle stratégie maritime : elle confirme la pertinence des grandes options adoptées par la marine nationale, en 1995, et des priorités qu'elle a affichées aussi bien en termes de projection que de dissuasion ; mais elle met aussi en avant, plus que par le passé, la surveillance et la sauvegarde dans les approches maritimes, dont les exigences vont s'accentuer dans les années à venir, peut-être durablement.
Les préoccupations de la marine ont toujours été tournées d'abord vers le grand large, pour assurer au loin la protection des intérêts du pays. Depuis quelques années, elle s'organise pour jouer un rôle plus déterminant dans la maîtrise des crises et dans la participation aux opérations destinées à maintenir ou ramener la paix, là où elle peut être menacée ; la marine entend le faire au plus vite, avant que la crise ne dégénère, et donc être présente, vigilante, et agir en force avec les autres armées et les autres nations, dès qu'il le faut. Toute la stratégie de renouvellement de la flotte vise cet objectif.
Cependant, l'expérience des dernières années nous le montre, les interventions sont menées, de plus en plus fréquemment, dans des zones où le risque d'emploi, par un perturbateur, d'armements rustiques, mais pourtant capables de destruction massive (nucléaire, bactériologique, chimique, etc.) s'est accru, tout comme la probabilité d'affrontements entre puissances régionales. Pour garantir notre liberté d'action, il nous faut alors pouvoir dissuader les pays qui sont dotés de telles armes de les utiliser.
De même, il n'est pas possible d'agir au loin si l'adversaire peut surprendre la nation elle-même et lui porter des coups directs et meurtriers. La marine doit donc aussi assurer sans faille la surveillance et la sauvegarde des approches maritimes, en métropole et outremer. Elle contribue ainsi, dès le temps normal, à la protection du territoire national et des populations.
La stratégie maritime s'inscrit donc aujourd'hui dans une relation action opérationnelle - dissuasion - sauvegarde renouvelée, les trois domaines se conjuguant pour former un ensemble cohérent et équilibré sur lequel est fondée toute l'action de notre marine, depuis le large jusque dans les approches littorales.
Le nouveau contexte stratégique confirme le " modèle de marine " tourné vers l'action
C'est dans la prévention et dans les premières phases - les plus cruciales - de la gestion de la crise que les capacités de la marine sont tout d'abord confirmées. Sa fonction océanique doit lui permettre d'acquérir le renseignement et de contribuer ainsi à l'évaluation précise des situations. A cet égard, les forces dites prépositionnées et le déploiement d'unités en renfort jouent un rôle fondamental. Si elles sont assez nombreuses, leur vigilance active et la présence durable et continue qu'elles peuvent manifester sur beaucoup d'océans, leur permettent de réagir
rapidement et de façon adaptée pour tenter de maintenir la crise au niveau le plus bas possible, sans accord diplomatique préalable, ni conséquence politique particulière. Elles n'ont d'autre contrainte que la logistique (l'autonomie que confère la propulsion nucléaire est alors un facteur déterminant). Dans cet ensemble, les frégates, les sous-marins d'attaque à propulsion nucléaire et le groupe aéronaval offrent une souplesse d'emploi particulièrement mise en valeur lors de l'opération Héraclès.
Si la crise survient tout de même, il peut devenir nécessaire d'intervenir directement. Le domaine couvert par la marine s'étend alors aux missions conduites en mer ou à partir de la mer. Cette contribution ne peut se concevoir que dans la durée et souvent à des distances lointaines.
Il faut se déployer avec une autonomie de plusieurs mois. L'endurance s'obtient par des relèves régulières, ce qui nécessite de disposer d'un parc suffisant, et par des ravitaillements périodiques, ce qui implique des moyens de soutien spécialisés ou des relais logistiques. Dans le cadre de l'opération Héraclès, les relèves des bâtiments d'escorte ont été organisées au bout de 4 à 6 mois et les ravitaillements se sont déroulées avec les forces de la coalition.
Si les Etats voisins refusent leur accueil, la projection par voie de mer reste la seule façon d'accéder à une zone de crise.
L'attaque des forces adverses à terre (projection de puissance) peut
prendre des formes diverses en fonction de l'effet recherché, de la
distance de l'objectif et des risques acceptés : attaques aériennes
s'appuyant sur le groupe aérien déployé sur le porte-avions,
bombardement par l'artillerie navale, tirs de missiles de croisière,
brouillage électromagnétique, mise à terre de forces spéciales ; ces
modes d'action ont montré leur efficacité opérationnelle. Une fois de
plus, il faut souligner l'intérêt de disposer de porte-avions capables
de mettre en œuvre des avions disposant avec leur armement et leur
autoprotection d'une grande allonge (tel le Super-Etendard et bientôt
le Rafale) ou des avions de surveillance avancée performants (tel
le Hawkeye). Mobile, difficile à attaquer si l'on ne dispose pas
de systèmes élaborés, le groupe aéronaval affirme la puissance de la
France ; il est utilisé dans la plupart des crises internationales, pour
marquer les esprits, intimider ou frapper. Son existence assure une crédibilité
politique et opérationnelle qui ne peut être ignorée par nos alliés.
Moins vulnérable qu'une base à terre, il fait peser une menace au plus
près de l'adversaire. Avec un seul porte-avions, la marine n'a pas été
en mesure de réagir immédiatement en septembre 2001. Dans ce
contexte, la décision espérée de construire un second porte-avions
prend alors toute sa pertinence. La marine a montré, ensuite, avec
les Américains, tout l'intérêt et le bien-fondé du groupe aéronaval.
Pour quelques années encore, elle possède, seule en Europe, la capacité
de frappe aérienne à grande distance à partir de la mer. Il lui faut
compléter ce volet essentiel qu'elle partage, à son modeste niveau, pour
l'instant avec les seuls porte-avions américains. Le missile de croisière
devrait bientôt élargir notablement la gamme des modes d'attaque précise possibles.
La projection des forces par voie de mer prolonge, si nécessaire, l'engagement des forces à terre. Elle implique l'emploi de moyens de transport (navires civils ou bâtiments amphibies) et l'appui direct à partir de la mer par moyens aériens et navals.
Ainsi, le nouvel environnement stratégique confirme le " modèle
de marine " tournée vers l'action opérationnelle et la pertinence
des investissements que notre institution a consacrés, depuis près d'une
décennie, à la modernisation de ses capacités de gestion des crises et
d'intervention. Mais il faut saisir cette occasion pour apporter les améliorations
nécessaires visant une adéquation des moyens aux réalités les plus
urgentes, en tirant profit de la spécificité des forces maritimes :
liberté, discrétion, faible vulnérabilité.
Ces améliorations touchent tout d'abord le domaine du renseignement.
Il est indispensable et fournit, bien souvent, le fil conducteur qui
permet de donner un sens aux informations recueillies par ailleurs. La
marine peut s'appuyer sur ses unités évoluant sur le théâtre d'opérations
pour contribuer à l'évaluation autonome de décision sur zone, déterminante
à ce stade. Elle dispose de moyens lui permettant d'acquérir du
renseignement et de surveiller pendant de longue périodes à proximité
des côtes. Dans ce contexte, la capacité du sous-marin, qui peut
s'approcher au plus près sans risque et sans perturber le milieu qu'il
observe et écoute, est à souligner.
Il faut, ensuite, accroître les capacités de mise en œuvre des
forces spéciales vers la terre. La capacité de mener des opérations spéciales
depuis la mer semble particulièrement intéressante, car elle permet de
se rapprocher des objectifs, procure un excellent effet de surprise et
assure une bonne sécurité avant et après l'action. Les programmes des
frégates multimissions, notamment dans leur version d'action vers la
terre, et des sous-marins d'attaque de nouvelle génération Barracuda intègrent
ce besoin d'actions spéciales à partir de la mer.
Enfin, ces améliorations concernent les capacités de commandement
embarqués et de recueil ou de soutien des forces déployées. Les moyens
de commandement et de communication sont déterminants pour permettre des
consultations directes entre le commandant de la force et les plus hautes
autorités nationales et alliées (exercice des délégations, règles
d'engagement et de comportement, analyse de situation, approbation des
objectifs, rapidité de la boucle de décision) et s'intégrer dans les
dispositifs alliés. Très tributaire de l'espace, avec les systèmes de télécommunication
futurs embarqués sur les bâtiments de projection et de commandement (BPC)
du type Mistral, l'exercice du commandement depuis une plate-forme
navale sera facilité. Par ailleurs, la capacité de tenir à l'abri des
échelons de commandement ou des forces qui seront projetés à terre en
les embarquant (par exemple à bord de grands navires amphibies tel le BPC)
peut se révéler précieuse dans les opérations. Le modus operandi américain
illustre bien l'intérêt pour les forces de rester en mer en dehors de
leur intervention proprement dite (on peut, à cet égard, se souvenir de
l'attaque meurtrière du Drakkar au Liban). Dans le contexte actuel, et
sans doute pour longtemps, la menace est extrêmement réduite au large.
Les unités navales et les moyens qu'elles transportent ou hébergent s'y
trouvent bien protégées, ce qui doit nous inciter à y baser une partie
des moyens lors d'une intervention.
Cette stratégie trouve, le plus souvent, son expression dans un cadre
interarmées et interallié. Elle entraîne, par ailleurs, un rôle
nouveau pour notre dissuasion, ainsi qu'un renforcement de notre vigilance
dans les approches maritimes.
La dissuasion, confirmée dans ses fondements, trouve un rôle
nouveau et complémentaire
Les armes de destruction massive des puissances régionales peuvent
constituer une menace pour le territoire européen. Même si une telle
menace, dirigée directement sur le territoire national, paraît
improbable aujourd'hui, elle ne peut être éludée et le risque qu'elle
ferait courir serait mortel. Il est donc nécessaire de conserver et de
moderniser les forces et les armes dédiées à la mission de dissuasion.
Pour autant, si la menace d'un conflit nucléaire dont l'Europe serait
le théâtre s'est éloignée, les risques de prolifération, de dissémination
des armes de destruction massive, de terrorisme nucléaire et de conflits
entre puissances régionales nucléaires se sont aujourd'hui accrus. Il
nous faut, par ailleurs, peser sur la stabilité des régions en crise,
qui, fréquemment, se situent dans des zones où existent de telles armes,
en conservant la liberté d'action de nos forces d'intervention.
La dissuasion nucléaire prend alors un relief particulier à l'égard
des puissances régionales, car elle permet l'action. D'une manière
générale sa simple existence devrait borner une escalade éventuelle
vers l'emploi d'armes de destruction massive sur nos forces et préserver
notre liberté d'intervention. Ainsi, prend forme un couplage inédit
entre les stratégies d'action et de dissuasion. Les moyens conventionnels
devaient, jusqu'à il y a peu, éviter le contournement de la dissuasion
par le bas, aujourd'hui, la capacité nucléaire doit borner par le haut
les actions conventionnelles.
A terme, les sous-marins nucléaires lanceurs d'engins équipés du
missile M 51 couvriront la totalité de la gamme des actions
possibles dans le domaine de la dissuasion nucléaire.
La nécessité de renforcer la surveillance et la sauvegarde dans
les approches maritimes
La perception de renforcer la surveillance et la sauvegarde dans les
approches maritimes ne date pas des événements du 11 septembre 2001. Des
alertes avaient montré l'émergence de nouveaux risques : l'immigration
clandestine (échouage du cargo East Sea sur les côtes de la Méditerranée,
le 17 février 2001, avec des passagers clandestins à bord), le trafic
illicite de substances dangereuses, (opération Balisier où près de 2
tonnes de cocaïne ont été saisies en mer par la frégate Ventôse).
On peut raisonnablement s'interroger sur le caractère de la réponse
à y apporter : s'agit-il d'actions relevant du domaine de la défense ?
Il doit pouvoir être établi un lien entre de telles opérations et le
combat contre le terrorisme. Mais, au-delà, il y a une certitude : les opérations
correspondantes commencent en haute mer, et seule la marine nationale
dispose des moyens lourds nécessaires.
Pour adapter sa posture aux nouvelles exigences de la surveillance et
de la sauvegarde dans les approches maritimes, la marine a adopté une
stratégie active, fondée sur le constat que ce sont, par nature, les
mêmes moyens qui participent aux missions dites de " service public
" et aux missions militaires de défense de nos approches maritimes :
- face aux menaces émergentes (terrorisme, piraterie, immigration
illicite), il s'agit, plutôt que de se cantonner dans une attitude défensive
de " gardien de but ", d'afficher une attitude dynamique, au
plus près des menaces ou des trafics, apte à en détecter les signes précurseurs;
- face aux risques, aux infractions ou aux catastrophes en mer, c'est la
rapidité et l'adaptation des secours qui priment, dans un esprit de
totale coopération entre les différentes administrations concernées.
Dans ces domaines, c'est la qualité du partage des informations, le
degré de vigilance des unités engagées, la capacité à travailler
ensemble dans l'urgence qui sont essentiels. Les moyens militaires
(navals), conçus pour le combat et bien intégrés dans les réseaux de
commandement de la défense, sont évidemment mieux équipés pour cela.
Il faut cependant mieux préparer les niveaux de vigilance et les plans de
sauvegarde, et en concertation étroite. Tout commence souvent au large,
au loin, là où la marine veille ; et si la veille est sûre,
l'intervention bien ciblée est efficace.
La surveillance et la sauvegarde dans les approches maritimes nécessitent
un dispositif organisé dans la profondeur, afin de ménager la continuité
depuis le large vers le littoral. Le renseignement d'intérêt maritime,
qui dépasse le seul renseignement d'intérêt militaire, est au fondement
de l'action. Tout procède de collaborations internationales et de
partenariats étendus avec toutes les administrations de l'Etat français,
à même de contribuer au recueil et à l'exploitation de cette
information et de ce renseignement. Plusieurs actions ont, d'ores et déjà,
été engagées dans cette voie en Méditerranée :
- la coopération active entre les services de renseignements français
et étrangers, renforcée et étendue au ministère des Affaires étrangères,
aux attachés de défense et à toutes les administrations participant à
l'action de l'Etat en mer,
- le maintien d'un bâtiment porte-hélicoptères en permanence en Méditerranée
orientale ; ainsi, le cargo Monica, transportant près de 1 000
passagers clandestins, a pu être pisté et démasqué par la frégate Aconit
en mars 2002,
- le lancement récent du projet SPATIO, système naval de surveillance
des approches maritimes et des espaces sous juridiction nationale, intégrant
l'ensemble des sémaphores et, à terme, d'autres sources, dans un réseau
cohérent d'échanges de données.
La surveillance et la sauvegarde dans les approches maritimes
s'appuient, en métropole, sur une structure de commandement unique, dans
une stricte économie de moyens, dépendant, selon la mission, de la chaîne
interministérielle ou de la chaîne de défense. A cet égard, la
structure mise en place sous l'autorité des préfets maritimes en métropole
et des préfets ou hauts-commissaires, délégués du gouvernement,
outremer, assure, depuis 1978, la coordination des actions de l'Etat en
mer, coordination qui s'organise de la même manière sur le territoire
national autour du préfet de zone de défense.
Des moyens maritimes et aériens, bien ciblés, sont nécessaires pour
l'intervention. Il n'est pas possible de se contenter des seules unités
de combat, performantes mais insuffisantes en quantité et très sollicitées
par ailleurs. Les forces déjà existantes, nombreuses et diversifiées
(frégates et patrouilleurs, remorqueurs ou navires civils dédiés,
avions de surveillance et hélicoptères, chaîne des sémaphores),
doivent être rapidement complétées par d'autres moyens militaires et
civils, polyvalents ou dédiés, parfois affrétés. Ce sont, pour
l'essentiel, des vedettes de la gendarmerie maritime (une vingtaine vient
d'être commandée), et des aéronefs (un quatrième avion de surveillance
maritime Falcon 50 M sera mis prochainement en service et une procédure
d'acquisition d'hélicoptères, dans un cadre interarmées, a été lancée).
Par ailleurs, il a été décidé d'affecter à plein temps un
patrouilleur supplémentaire (Arago) à ces missions, et de
moderniser les remorqueurs d'intervention affrétés par la marine. A
terme, d'autres mesures sont envisagées : achat d'un patrouilleur supplémentaire
et affrètement d'un navire antipollution.
Dans cet ensemble, la gendarmerie maritime, formation militaire spécialisée
placée, à ce jour, auprès de la marine, arme un certain nombre d'unités
dédiées à ces missions. Ces gendarmes, avec leurs moyens financés et
soutenus par la marine, lui sont indispensables pour remplir ses missions
de défense et sa part des tâches touchant à la sécurité des biens et
des personnes en mer, pour la surveillance et la protection des approches
en métropole et outremer. Ils jouent un rôle important pour le
renseignement d'intérêt maritime et pour la continuité jusqu'au
dispositif littoral.
CONCLUSION
Plus que jamais, la prévision est un art difficile, et les orages qui
se déclenchent sans préavis montrent la persistance de la conflictualité
latente de notre époque.
Dans cet environnement perturbé, l'action de la marine n'a jamais été
aussi soutenue, qu'il s'agisse des déploiements successifs du groupe aéronaval
et du groupe amphibie en mer Adriatique et dans le nord de l'océan
Indien, du maintien de la posture permanente de la force océanique stratégique
ou des missions de surveillance et de sauvegarde dans les approches
maritimes, aujourd'hui mises en avant. Ces domaines d'attribution de la
marine sont les trois piliers sur lesquels repose notre stratégie navale.
Les moyens élaborés permettent de mettre en oeuvre les principes de base
de l'action stratégique : initiative, surprise et foudroyance.
C'est l'honneur de la marine que d'être investie d'une aussi large
gamme de missions, allant de missions militaires et civiles au plus près
de nos côtes, à des actions lointaines de prévention et d'action. Elle
est, à ce titre, réellement " nationale ".
C'est aussi son ambition dans la construction de l'Europe que disposer
d'un instrument national de puissance, reconnu et inégalé encore pour de nombreuses années, pouvant être mis au service d'une détermination collective.
Amiral Jean-Louis Battet, Chef d'état-major de la marine
Communiqué UNOR
Le congrès de la Confédération Interalliée des Officiers de Réserve du 21 au 27 juillet à Strasbourg va être l'occasion de communiquer vers le public sur l'utilité des réservistes, principal axe de communication retenu et décliné comme indiqué au bas de ce message.
L'atelier des jeunes officiers de réserve réalisera ainsi une opération de relations publiques sur ce thème dans les rues de Strasbourg les 25 et 26 juillet, avec l'aide matérielle de la municipalité.
Afin de renforcer ce message de RÉSERVES UTILES et de vous donner la possibilité de METTRE EN VALEUR VOS RÉALISATIONS, je renouvelle ma demande de faire parvenir au siège de l'UNOR le plus tôt possible (u.n.o.r.@wanadoo.fr ou 12 rue Marie Laurencin 75012 PARIS - fax 01 49 28 02 87) :
- d'une part des articles sous forme de portraits (activités civiles et militaires) avec photos si possible dans les deux cadres,
- d'autre part des copies (quelque soit le support papier, photo, cassette audio, vidéo, CD-ROM, DVD, ...) des reportages dans les media (presse, radio, TV), dont vous, votre association ou votre unité militaire avez été l'objet, notamment depuis fin 1999 (tempetes) et en particulier depuis septembre 2001 (VIGIPIRATE et EURO).
Au delà du congrès de cet été, ces éléments serviront à constituer une présentation réaliste des activités accomplies par des réservistes à l'occasion des prochaines "journées du réserviste" prévues par la loi sur les réserves et qui seront organisées en fin d'année.
Je vous invite donc à contribuer à cette présentation, qui servira ensuite à l'ensemble des membres en vue de faire reconnaître leurs actions à l'extérieur. Je peux également vous annoncer que plusieurs personnalités du monde de l'entreprise et politique se sont exprimées en faveur d'un soutien aux activités menées par les réservistes. Leur témoignage sera bien entendu utilisé au cours du congrès et par la suite.
Cette liste n'est pas close : si vous connaissez directement une personnalité et que celle-ci accepte de rédiger un message court utilisable sur les supports de communication prévus (dossier de presse, plaquettes, affiches lors de l'opération de relations publiques des 25 et 26 juillet prochains).
A votre disposition dans de nombreux retours de votre part, Cordialement, Lieutenant (R) Olivier CLOUP Délégué Jeunes de l'UNOR
Ci-dessous figure un extrait de la déclinaison retenue sur le thème "les réserves sont utiles". J'ajoute que chacune des nations participantes doit amener des documents présentant les réserves au public.
1 - SECOURIR / CATASTROPHES NATURELLES OU ACCIDENTELLES
Ø POLMAR
Ø VIMY
Ø Tempêtes fin 1999 ....
2 - SÉCURISER
Ø VIGIPIRATE
Ø EURO
Ø Surveillance du territoire: SAT
Ø Plans de protection : COGIC, EMIAZD ....
3 - PACIFIER
Ø Opérations extérieures et actions civilo-militaires
Ø Droit des conflits....
4 - RENFORCER
Ø Communication
Ø Linguistique
Ø Juridique
Ø Logistique
Ø Mécanique
Ø Protection des sites sensibles
Ø Sécurisation des grands événements : Tour de France, … ....
5 - INSTRUIRE
Ø Journées d'Appel de Préparation à la Défense
Ø Périodes d'initiation à la défense (ex-préparations militaires) ....
6 - CITOYEN
Ø Conférences & mémoire
Ø Recrutement & reclassement
Ø Compétitions à caractère militaire
Ø Autres actions associatives ....
A retenir :
LA DCN VICTIME INNOCENTE DU TERRORISME
Extrait du figaro
PAKISTAN Quatorze personnes, dont au moins onze Français travaillant pour la Direction des constructions navales, ont été tuées hier et une vingtaine d'autres blessées

Des volontaires extraient le corps d'une victime des débris du bus de la marine pakistanaise qui a explosé hier à Karachi. (Photo AP.)
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Attentat antifrançais à Karachi
Un kamikaze a jeté sa voiture piégée contre un autobus, faisant quatorze morts dont au moins onze Français, hier matin à Karachi, le grand port du sud du Pakistan. Les autorités ont immédiatement annoncé l'ouverture d'une enquête sur une «possible implication»du réseau terroriste Al Qaida. Cette piste a été évoquée tant par la police pakistanaise que par le chef de l'État, le général Pervez Musharraf, qui s'est entretenu hier avec Jacques Chirac. Mais les États-Unis, qui ont dénoncé un «attentat atroce» contre «la France et le Pakistan, deux de nos plus proches alliés dans la lutte internationale contre le terrorisme» ne pouvaient confirmer hier une possible implication d'Al Qaida. Le chef d'état-major de l'armée française, le général Jean-Pierre Kelche, a estimé que «l'Occident, et les nations qui sont engagées dans la coalition» en Afghanistan sont visés par les partisans d'Oussama ben Laden. Ce nouvel attentat contre la communauté étrangère au Pakistan a visé des employés français de la Direction des constructions navales (DCN), participant à la construction d'un sous-marin au Pakistan. La DCN a immédiatement décidé de rapatrier tous ceux d'entre eux qui étaient en mission temporaire. Jacques Chirac a immédiatement décidé d'envoyer son ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie, à Karachi. Paris a «formellement déconseillé mercredi tout voyage non professionnel» au Pakistan à ses ressortissants, à la suite de l'attentat de Karachi.

New Delhi : de notre correspondante en Asie du Sud Marie-France Calle [09 mai 2002]
 Un attentat, un de plus, vient rallonger la liste des attaques anti-occidentales au Pakistan. Cette fois ce sont des Français qui ont été tués. Onze ou douze, le bilan n'était pas encore clairement établi hier soir. Il est en tout cas très lourd. Et risque de s'alourdir encore, car comme l'a indiqué Laurent Barthélémy, le directeur de la Direction des constructions navales (DCN) sur place, il y a au moins dix blessés graves côté français.
Le VA Philippe Sautter succède à l'amiral Alain Béreau
L'amiral Alain Béreau quitte ses fonctions de directeur du personnel de la Marine pour prendre, le 13 avril 2002, les fonctions d'inspecteur général des armées-Marine. (Cols Bleus publiera une interview de l'amiral Béreau dans sa prochaine livraison).
Le VA Philippe Sautter, qui lui succède, était précédemment directeur local du service de soutien de la flotte de Toulon. Le nouveau DPMM est né le 30 juin 1949, à Grenoble. Entré à l'Ecole navale en 1968, il a embarqué sur de nombreux bâtiments de surface et sur le SNLE Le Foudroyant . Il a commandé le dragueur côtier Marjolaine, la 22e division de dragueurs-école et le dragueur côtier Cyclamen, la frégate Aconit et le porte-avions Foch. Breveté de l'Ecole supérieure de guerre navale et ancien auditeur à l'IHEDN et au Chem, il a été de 1996 à 1999 conseiller Marine au cabinet militaire du ministre de la Défense.
Le VA Sautter est officier de la Légion d'honneur et de l'Ordre national du mérite. Il est marié et père de cinq enfants
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